LES RACES ASINES

Les ânes sont une espèce équine très reconnaissable et très réputée.

 

Il existe en France 7 races d'ânes liées à leurs terroirs. 

 

- Le Baudet du Poitou

- L'Ane Grand Noir du Berry

- L'Ane de Provence

- L'Ane du Cotentin

- L'Ane Normand

- L'Ane des Pyrénnées

- L'Ane Bourbonnais

LE BAUDET DU POITOU

L’origine des ânes du Poitou se situe en Afrique du Nord-Ouest. Ce grand âne fut domestiqué et utilisé au Proche Orient, avant que les invasions ne le ramènent dans les pays méridionaux de l’Europe. Il est arrivé en France au Xe siècle où plus de la moitié des sujets vivent en France. C’est en tant que géniteur mulassier qu’il est le plus utilisé.

   Le mâle entier est appelé « Baudet », l’équivalent de « Etalon » pour le cheval. On compte à ce jour près de trois cent baudets inscrits en livre A et trois cent en livre B. Beaucoup d’entre eux vivent dans la région d’origine les Deux-Sèvres.

   La race a été reconnue il y a plus d’un siècle en 1884.

  

Son caractère :

   L’âne du Poitou présente un caractère relativement lymphatique, placide et endurant.

  

Sa morphologie :

  Il toise 1,40 à 1,50 m au garrot pour les baudets et de 1,35 à 1,45 m pour les femelles. Son poids varie de 250 à 430 kg. La robe est bai brun, passant parfois à la robe fougère. Le pourtour de la bouche, du nez et des yeux est gris argenté, bordé d’une auréole rougeâtre. La robe ne doit jamais être semée de poils blancs (rubican). Il porte une raie de mulet foncée. La partie inférieure du ventre et l’intérieur des cuisses est clair. Sa tête est grosse et longue. L’encolure est forte, le garrot effacé, le dos droit et long. Hanches peu saillantes, rein bien attaché, croupe courte. Les pieds larges et ouverts sont recouverts de poils longs.

  

Le Baudet du Poitou n'était guère utilisé pour le travail. Il tirait toute sa valeur de son rôle de reproducteur, pour la production de mulets notamment. Ce sont les Haras nationaux qui ont maintenu la race en liaison avec les éleveurs du Parc interrégional du Marais Poitevin, pour sauver cette race en cours d’extinction.

Un processus de conservation du Baudet du Poitou et une opération de relance de son élevage ont été mis en place par les Haras nationaux, en liaison avec les éleveurs et le Parc Interrégional du marais poitevin.

Ainsi, pour sauver la race, un programme de sauvegarde a été mis en place avec identification des animaux et la création d'une asinerie expérimentale à Dampierre sur Boutonne.

 

Aujourd’hui, il est apprécié comme animal de bât et il n’est pas rare de les voir attelés.

LE GRAND NOIR DU BERRY

A partir de 1870 de nombreux paysans berrichons, hier simples journaliers, accèdent à la propriété.

 

En Boischaut particulièrement, pays bocagé de la province aux nombreuses petites exploitations, l’âne devient alors l’animal de trait par excellence. Pour le travail des champs et des vignes, pour le halage des péniches sur le canal de Berry, le choix des animaux s’est orienté, au cours des décennies, vers une sélection d’ânes grands, forts, mais restant vifs, courageux et dociles.

 

Vers 1900, Lignières était devenu le centre de maquignonnage de l’âne, en Berry.

 

 

Depuis 1994 - année de la reconnaissance officielle - on considère les cantons du Cher et de l’Indre avoisinant cette petite ville comme le berceau de la race.

De taille variant de 1,35 m à 1,45 m au garrot pour les mâles et au minimum de 1,30 m pour les femelles, l' âne Grand Noir du Berry présente une robe unie noire ou noire pangarée, sans bande cruciale, ni raie de mulet et sans zèbrure aux membres.

Le ventre est gris clair, incluant l’ars, l’aine et l’intérieur des cuisses. La queue est identique à la robe. Le pelage d’été chez l’adulte est presque ras.

 

La tête est rectiligne, les oreilles largement ouvertes et sans échancrure, le bout du nez gris-blanc (cette couleur peut s’étendre jusqu’au chanfrein parfois cerné de roux). L’oeil porte lunette gris-blanc parfois cerné de roux.

 

Cet animal robuste, à encolure forte, poitrail éclaté, dos droit, arrière-main ronde, possède également de solides membres.

 

Autrefois utilisé pour les tâches quotidiennes des petites fermes, l‘âne Grand Noir du Berry reste de nos jours un âne de travail.

 

Sa taille, sa force physique et son caractère docile le destinent tout naturellement à l’attelage de loisir (objectif affirmé de son programme d’élevage). Les meneurs, de plus en plus nombreux, l’engagent dans les concours d’attelage.

 

Fort animal de bât, il peut être un excellent compagnon pour les adeptes du “tourisme vert”.


L'ANE DE PROVENCE

Les écrits les plus anciens montrant l’importance des ânes dans le système d’élevage ovin datent du XVè siècle. Ce système était basé sur la transhumance entre la Basse-Provence et les alpages de Haute-Provence, des Alpes et du Dauphiné.

Durant près de 5 siècles, ils ont été les acteurs essentiels de la transhumance des moutons en portant, grâce à des bats adaptés, le matériel, la nourriture des bergers, le sel pour les brebis et même les agneaux nés en chemin.

Les bergers ont ainsi sélectionné un âne disposant d’une ossature solide pour porter les lourdes charges, d’un tempérament docile avec de bons membres pour parcourir les drailles.

 

L’utilisation du chemin de fer puis des camions a réduit considérablement leur rôle. De ce fait, l’effectif asin agricole recensé dans les départements provençaux (Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Alpes de Haute-Provence) qui s’élevait à environ 13 000 têtes à la fin du XIXè siècle est passé à 2 000 en 1 956 puis seulement à 330 en 1993.

Âne rustique, solide, à ossature forte, calme et patient, il est facile à dresser.

La taille à l’âge de 3 ans varie entre 120 cm et 135 cm pour un mâle, 117 cm et 130 cm pour une femelle.

 

La robe la plus typique est de type “gris tourterelle" (reflet rosé) et peut varier des teintes très claires aux teintes foncées, avec sur le dos une raie de mulet et une bande scapulaire formant la croix de St André bien marquée, toujours présente.

Ces différentes teintes de gris sont toujours uniformes.

 

La tête plutôt forte, le chanfrein large est rectiligne parfois marqué par un bout de nez fuyant.

Les yeux en amandes sont cerclés de noir et le tour des yeux est souvent éclairci. Le front, les oreilles et le bord des yeux sont presque toujours teintés de roux. Le bout du nez est généralement éclairci. Les oreilles sont plantées au sommet du crane, l’encolure est épaisse et de longueur moyenne.

 

Les membres solides, à ossature forte, peuvent être marqués par le dessin de zébrures plus ou moins nombreuses. Souvent on notera au moins une zébrure dessinée en diagonale sur les antérieurs, au niveau des avant-bras.

 

Le sabot plutôt large pour celui d’un âne, est bien adapté à la marche et à la charge.

 

Âne rustique, il est promis à un bel avenir pour randonner (son caractère, son pied sûr, sa conformation en font un excellent randonneur, même en terrain accidenté), débrousailler (bien adapté en terrains secs, c’est un débroussailleur assidu, qui peut entretenir des pare-feu) et travailler (facile à dresser au bât, à l’attelage, à la monte ... il est encore présent aux côtés de quelques bergers pour accompagner les transhumances).

 

 

L'ANE DU COTENTIN

L'introduction des ânes dans la Manche paraît remonter à une époque relativement ancienne. Des recherches aux archives départementales ont permis de prouver qu’il existait déjà des ânes dans ce département vers le milieu du XVIè siècle, voire avant puisque certaines communes de Basse Normandie rappellent la présence de l'âne dans le toponyme qui les désigne :
     - Asnières en Bessin (près d'Isigny-sur-mer dans le Calvados ) vers 1069
     - Asnelles (Calvados) vers 1063

 

La reconnaissance de la race de l'âne du Cotentin est officielle depuis 1997.

Robe : gris tourterelle parfois nuancée de teinte grise ou bleutée avec bande cruciale raie de mulet (croix de Saint-André), avec ou sans zébrures sur les membres.

Sont exclues les robes baies foncées, noires et blanches.

Queue : identique à la robe.

Bout du nez : de nuance noire à gris foncé.

 

Oreilles : de bonne dimension (la moitié de la longueur faciale), bien ouvertes, au pourtour et à la base plus foncés.

 

Membres : solides, aux aplombs affirmés.

 

Encolure : forte, à crinière droite.

 

Oeil : vif, portant lunettes gris-blanc, parfois cerné de roux, arcades bien marquées.

 

Vers les années 1930, le département de la Manche comptait environ 9 000 ânes utilisés principalement comme "âne de bât" pour transporter le lait de la traite des vaches avec bâts, cageots, cannes à lait et la traditionnelle "triolette" (servante qui montait en amazone sur son âne )

Actuellement, l'âne est de plus en plus associé aux loisirs dans le cadre du tourisme vert. Compte tenu de sa docilité et de sa morphologie parfaitement adaptée à la randonnée et à l‘attelage, l‘Ane Cotentin rencontre un très grand succès commercial.

 
Son caractère doux et calme en font également un formidable animal de compagnie qui est aussi utilisé à des fins thérapeutiques avec les handicapés.

L'ANE BOURBONNAIS

Au coeur du Bourbonnais, à Meillers, arrondissement de Moulins et canton de Souvigny, l‘âne est identifié dans l’église Saint Julien, édifice roman datant du début du XIIè siècle.


C’est en effet dans la structure sociale de la population agricole que l’on peut trouver une explication de la répartition de l’âne telle qu’elle apparait sur les cartes de 1862, 1892, 1929 démontrant l’implantation d’une forte population asine dans le département de l’Allier.

 

 

Morphologie de l‘âne Bourbonnais :

 

Taille à 3 ans : mâle : de 1,25m à 1,35m,
femelle : de 1,18m à 1,28m

Tête : Chanfrein rectiligne. Arcades saillantes, contour des yeux clair, paupières soulignées. Le front est droit, le bout du nez, dit "nez de biche", est gris clair. Le liseré roux est apprécié.

Oreilles : Longues, droites attachées haut. Elles sont de la couleur de la robe.

Membres : Solides et osseux aux articulations marquées. Ils sont musclés, l’avant bras fourni et le canon court, avec ou sans zébrure.

Pieds : Sabot large de bonne texture. Le talon est marqué.

Ventre : Gris à gris clair incluant l’ars, l’aine et l’intérieur des postérieurs.

Encolure : Forte, implantée à mi-corps et bien dirigée. Sont à éviter, les encolures brèves, mal dirigées et concavilignes.

Robe : Brun à bai brun, nuance chocolat appréciée et possédant une bande cruciale dite Croix-de-Saint-André.

’une forte 

Autrefois, l’âne était le principal outil du métayer et fermier pour tous les travaux agraires. Il assurait les tâches de labourage, de hersage et de fenaison sur de petits lopins de terre travaillés par le métayer.

 

 
Aujourd‘hui, l’âne Bourbonnais est un animal de compagnie et principalement de loisirs. Attelé ou bâté, il sera le compagnon de vos promenades en carrioles ou de vos randonnées, ce que vous pourrez faire sans difficulté. Vous l’apprécierez pour son caractère doux, pour son allure rassurante, sa robustesse et sa résistance.

population asine dans le département de l’Allier.

L'ANE NORMAND

L'âne Normand était utilisé autrefois pour le transport du lait en Normandie où dominait la production laitière. C’était à l’époque son titre de noblesse.


Dans les petites exploitations agricoles, nombreuses dans le pays au début du XXè siècle , le paysan équipait son âne d’un bât chargé de bidons pour aller traire les vaches dans les champs.


L’âne pouvait porter une charge équivalente à son poids (en moyenne 180 kg). Il était également utilisé pour les travaux de maraîchage et dans les fêtes de village. L’âne était roi.

 

Le pays comptait, fin du XIXè siècle, 400 000 ânes selon des études agricoles de l’époque.

 

L'âne Normand a été reconnu par le Ministère de l’Agriculture le 20 août 1997.

 

Taille : 1,10 m à 1,25 m au garrot à 4 ans (mâles et femelles).

 

Robe : obligatoirement bai ou bai foncé avec bande cruciale, raie de mulet, avec ou sans zébrures sur les membres. Les robes grises ne sont pas admises.
Queue : identique à la robe.
Ventre : gris blanc, incluant l’ars, l’aine et l’intérieur des cuisses.

 

Bout du nez : de nuance noir ou gris foncé.

 

Oeil : vif, portant lunettes gris-blanc, parfois cerné de roux, arcades bien marquées.

 

Encolure : forte et épaisse à crinière droite ou tombante.

 

Membres : solides aux aplombs affirmés et aux articulations fortes.

 

Plus que jamais compagnon de l’homme, l’âne Normand est un animal rustique et facile d’entretien.

 

Son utilisation se développe dans le domaine du tourisme, du loisir.

Sa petite taille le prédestine au bât, mais il peut aussi s’avérer être un âne d’attelage intéressant.

 

Les adeptes de randonnées familiales sont de plus en plus nombreux à les utiliser pour le transport de leurs bagages. Les efforts de l'Association de l'Âne Normand visent à sélectionner des animaux au dos fort, au rein musclé et aux applombs corrects pour pouvoir satisfaire au bât ou à l’attelage qui sont sans nul doute l’avenir des utilisations de cet âne.